Et voilà, après une semaine d’arrêt bien tranquille à la maison il a fallu reprendre le boulot. 5h du mat’, branle-bas de combat, coup de stress quand je me suis aperçu que j’avais oublié mon casque de chantier et mon harnais de sécurité sur un autre site… Finit le zen, bonjour tristesse, aussi mou que si je n’avais pas bossé depuis un mois et le mal de dos toujours là… Au revoir jardin, à plus soleil, salut béton, acier et polymères… C’est dans ces moments là que l’on se dit que la vie est injuste, que c’est pas normal de bosser autant pour vivre si peu…
J’ai eu des périodes pessimistes pendant lesquelles je me disais que l’on ne pouvait jamais vraiment sortir de sa condition initiale, fils d’ouvrier tu finiras ouvrier ! Et des périodes optimistes pendant lesquelles j’étais plutôt de genre à penser que nous étions tous nos propres dieux, que nous seuls décidions de notre avenir, que l’on en faisait ce que nous voulions…
Mais tout n’est pas si simple bien entendu. On a beau s’agiter, s’évertuer, ça ne fonctionne pas forcément. Bien sûr ça fonctionne pour certains mais les places sont rares.
Aujourd’hui je ne sais plus, j’ai juste envie de m’assoir dans l’herbe, de respirer la nature et de regarder les jours s’égrainer… J’aime le calme, jardiner et regarder des trucs pousser, ça m’aurait paru tellement stupide à 15 ans…
La quarantaine s’approche furieusement de moi, elle ne fait même plus mine de ne pas y toucher… Si j’arrive à vivre jusqu’à 80 ans, que vais-je faire de la seconde partie de ma vie ? Que pourrais-je en faire ? Que me laissera-t-on en faire ? Je n’en ai aucune idée, est-ce étrange ou est-ce normal ? Doit-on tout planifier ou laisser venir ? Aucune idée… Juste envie de m’assoir dans l’herbe…

 

Miossec - Désolé pour la poussière